ELLE A FAIT UN RÊVE…

14 novembre 2017

Nouvelles régulières

Lundi 13 novembre : Bonheur d’une complicité

mde

Sur la route de Bordeaux, par une sublime lumière d’un matin frais, qui dévoile magnifiquement ses couleurs automnales…encore un aller-retour à l’hôpital des enfants. Pour un simple rendez-vous, si tant est que l’on puisse parler de consultations simples, avec un anesthésiste. Pour prévoir une autre étape, un pas de plus. Celui, probablement fixé au premier décembre qui la verra, au bloc opératoire, se délester de sa chambre implantable, petite boite logée dans le creux sous sa clavicule qui servait à passer les perfusions. Un symbole. Un an et demi, jour pour jour, après le dernier traitement, elle se débarrasse de cet objet étranger à son corps. D’abord parce qu’il vaut mieux éviter d’y risquer une infection, et ensuite, et surtout, parce que l’on mise sur le fait qu’il n’y en aura plus besoin. Un symbole…Et nous le vivons bien ainsi.

Depuis sa dernière anesthésie qui l’a laissée bien traumatisée, je l’avais encouragée à se mettre au repos. Dernière semaine bien compliquée avant les vacances qui arrivaient, où la lassitude dominait. La colère un peu aussi, dont elle n’arrivait pas à se défaire et qui voyait son rejet de prolonger le traitement de sa préservation ovocytaire bien ancré dans un violent courroux. J’ai pris le parti de laisser faire, de laisser s’exprimer, de faire silence sur le sujet autant que sur ses comportements. Le temps viendrait bien d’en reparler. Et puis, l’urgence était de profiter de ce temps de vacances ensemble, de prendre notre dose de riens, de tout, de câlins, de repos, de jeux, de rires et d’amitié. Que le temps coule, que nous restions cools, que l’apaisement se fonde sur nos envies réciproques de seulement être ensemble dans un hors temps, non happés par le fou rythme de nos quotidiens bien malmenés.

Le sujet était dans un coin de ma tête, en off, à l’affut de l’occasion, de la perche qu’elle me tendrait pour le réveiller. J’avais le temps, sans l’avoir réellement, mais je devais respecter sa temporalité. L’instant propice s’est présenté, et j’ai foncé. Les yeux dans les yeux, ne faiblissant pas devant tout le panel d’émotions que je voyais passer dans les siens. Négociation, je l’ai mise devant un deal, mais sans tricherie, les mots clairement posés. Je savais ce dont elle avait envie, elle savait ce que je voulais…elle a accepté. Un « oui maman » même pas timide, un « je te suis maman » sans ciller. Une victoire. Que l’on a fêtée, et sur laquelle nous avons jonglé avec humour. 

Magie du lendemain matin, au petit déjeuner, bien tranquillement installées dans le rayon du soleil qui traversait la baie vitrée, dans la détente d’un nouveau matin, quand elle nous a raconté son rêve. De ses yeux malicieux. Elle a rêvé qu’elle devenait maman, deux enfants, des jumeaux, et qu’elle avait découvert une grande vérité…celle qu’il n’est pas si facile de devenir maman. Et qu’elle comprenait la sienne. Son regard, mon battement de cœur, notre complicité…ont tout effacé de ces heures sombres des semaines précédentes. Il n’est resté que ce précieux instant suspendu où tout prend sens, où une porte s’ouvre.

Le reste de nos vacances nous a vu simplement profiter les uns des autres, dans la banalité de petits moments de vie qui ont cette richesse de la simplicité, qui savent résonner dans nos cœurs, sachant la chance que nous avons qu’ils nous soient offerts. Des châtaignes au four avec un verre de cidre, des éclats de rire avec nos amis, des mots chaleureux échangés, des envies que l’on écoute, des projets que l’on commence à oser formuler. Lui brosser les cheveux devient un plaisir sans fin quand nous y mettons notre conscience de ce que cela représente, quand nous nous livrons à des jeux qui autour d’une simple mèche rebelle nous évoque tout un temps passé où cela nous était interdit…

Pourquoi je vous raconte tous ces détails ? N’ai-je pas parfois l’impression d’étaler ici, sur ces pages écrites, des bribes de vie qui n’ont l’air de rien ? Quelle est cette envie qui me prend chaque fois que nous roulons vers Bordeaux, avec elle à mes côtés ? Ce ne sont pas uniquement des bouts de vie. Ce sont des avancées. Lentes mais palpables que ces trajets réactivent dans leurs prises de conscience. L’envie de partager ces bouts de rien, qui forment un tout, et qui nous rappellent…que chaque instant de nos vies en suspend est important, chaque sourire, chaque rayon de soleil, chaque rêve, construisent bout à bout le chemin, le voyage, la destinée et la destination. Je ne peux pas garder tout ça pour moi toute seule, pour nous trois en cercle réduit. Car cette découverte de chaque jour que la vie est belle est un cadeau à partager, à donner.

Je vais finir sur ces mots à elle, comme certains qu’elle sait livrer comme ça, dans une imprévisibilité qui sait créer la surprise et me laisser sans voix… Sur la route du retour, heureuses de rentrer, dans une euphorie probablement disproportionnée pour tout autre personne que nous, dans une musique à fond qui résonne à nos oreilles, dans les paroles de nos chansons devenues fétiches et chantées à tue-tête, dans nos mouvements de danse élaborés non sans peine dans cet habitacle réduit…elle s’arrête soudainement de hurler son refrain, se retourne vers moi et me dit : « dis Maman, tu ne trouves pas que nous sommes formidables ? ». Mon sourire fut ma réponse, le sien lumineux mon cadeau, et nous nous sommes offert l’envie d’y croire…comme nous croyons sans limite à tout ce qui nous lie, à la vie et à sa magie.

du 15 au 20 aout pamamydany et 80 ans papy (41) ret

Une réponse à “ELLE A FAIT UN RÊVE…”

  1. Cano-Dumont Geneviève Dit :

    Vous êtes merveilleux

    Répondre

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