Le bonheur est-il dans l’air du temps ?

22 mars 2020

Nouvelles régulières

Dimanche 22 mars : merci au printemps

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Je vois son regard perdu,
Son incompréhension, sa soumission
Vivre comme des reclus
Et perdre quelques illusions.
 
Un chamboulement, une adaptation
Mais que lui demande t-on ?
Alléger sa peine, être là,
Sourire à cet effort là.
 
Que n’a t-on déjà vécu ainsi
Sans y mettre ces mots,
Sans inviter tout le pays
Calfeutrés derrière un hublot ?
 
Assez pour comprendre
Ce besoin de protection
Chez nous et à étendre ;
Soyons à l’unisson.
 
Je vois son regard perdu,
Et y sème une légèreté,
De jolis temps suspendus,
Des moments de gaieté.
 
Nous avons cette chance,
D’être en vie avec conscience
De voir le printemps qui s’éveille
D’un jardin, lieu de merveilles.
 
 Nous sommes tous les trois à la maison, comme chacun et comme tous, en mesurant cette chance d’être ensemble, dans l’épreuve comme dans la vie, dans le confinement comme dans l’irréel, dans la résignation comme dans la résilience.
 
Et, j’ai la chance d’avoir des enfants qui pensent aux SDF et aux moins chanceux, qui regardent ce qui arrive avec une sorte de compassion mêlée de dérision. Ils n’en sont pas moins des ados qui râlent et qui pestent, qui ont du mal avec le sens du travail scolaire à faire à domicile, qui auraient tendance à augmenter leur dépendance aux portables et autres réseaux sociaux. Je jongle, je moyenne, j’assouplis pour mieux renforcer parfois, comprenant bien leur besoin de lien, leur besoin de cadre. Nous évoquons ensemble toutes les sources d’inquiétude, qui ne manquent pas, pour calmer leur hypersensibilité et leur risque d’être émotionnellement submergés. La fratrie a du mal à trouver des ajustements, à prendre du recul face aux multiples débordements incontrôlables de l’une et à l’attitude faussement nonchalante de l’autre. Quand à moi, il m’a fallu cheminer avec mon esprit. Pour comprendre que ma fille se situait dans ceux qui sont à risque, pour comprendre que le risque était bien réel, qu’il fallait le regarder en face malgré informations divergentes et décisions paradoxales au plus haut niveau. Cela s’est fait vite, quand j’ai dû lui expliquer que le devoir citoyen venait de changer de couleur et que, donc, je ne l’emmènerai pas voter pour sa première fois. M’incluant avec elle et pour elle dans le champ de protection maximum.
 
Depuis, il s’agit de mettre de la vie dans le vivant, de la paix là où certains veulent parler de guerre. Prendre du temps pour nous, ranger la maison pour qu’elle donne envie de s’y épanouir, y faire rentrer la lumière et regarder le printemps offrir ses premières fleurs, ses premières belles journées. C’est aussi aller vers ce et ceux que nous aimons, dans une distance physique qui n’enlève rien à la proximité des sens. C’est reprendre mon livre là où j’avais tout laisser en plan et décider de le finir pour le peu qu’il reste. C’est calmer, apaiser, rassurer et ressortir toute la panoplie de la maman qui couve ses petits. Jamais perdue, mais quiescente par le besoin de recherche d’autonomie, elle se représente au grand jour quand la situation l’appelle. Tous les trois, nous continuons de rire, de danser, de grogner et de regarder le beau et le positif. Nous sentons bien que quelques souvenirs resurgissent mais ils ne nous assombrissent pas, nous disent surtout que l’on y arrivera.
 
Peut-on parler de bonheur en ce moment alors que j’ai parfois l’impression que ce mot choque, que l’on se refuse à le mettre au présent, que l’on ne veut pas déranger avec ? Pour nous, il est dans les petites choses, dans un état, celui avec lequel nous nous levons le matin gardant des habitudes de vie simplissimes mais qui prennent tout leur sens. Pour nous, il est dans le rayon de soleil, dans les boutons de roses, dans l’accueil de ce qui arrive et qui nous dépasse, dans la non résistance à accepter, dans les petits bouts de rien qui ne laissent pas passer la morosité. Pour nous, il est dans la croyance que tout cela a un sens, que le monde est en bouleversement et qu’il n’en sortira que grandi. Que tout espoir est possible quand l’évolution se fera vers les prises de conscience. Alors, nous attendons patiemment, avec des pensées pour nos proches, pour tous ceux qui n’ont pas notre chance, pour tous ceux qui sont atteints.  Et nous restons résolument positifs, dans cette foi que le bonheur est le premier des stimulants immunitaires et que le sourire est le premier langage qu’un être humain peut offrir à un autre être humain.
Nous vous le donnons,
et nous osons y mettre du bonheur.
Prenez soin de vous, restez chez vous.
Bon dimanche et bon anniversaire Papa
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tempête sépia

 

Une réponse à “Le bonheur est-il dans l’air du temps ?”

  1. Douel Dit :

    Superbe texte, merci, tu as raison quand tu signale ceci, je te cite « le risque était bien réel, qu’il fallait le regarder en face malgré informations divergentes et décisions paradoxales au plus haut niveau. » C’est cela qui a fait augmenter notre angoisse. Merci à toi et bon anniversaire à Maurice. Je vais tenter de le transmettre à Hélène dont le compte Fb a été désactivé.

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